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L’usage transfrontalier de la transmission de patrimoine : enjeux pratiques.

La Transmission Universelle de Patrimoine : Un Outil à Double Tranchant
La transmission universelle de patrimoine (TUP) est souvent perçue comme un mécanisme efficace pour gérer les dettes d’une entreprise. Toutefois, son utilisation, notamment dans un contexte transfrontalier, soulève des questions quant à sa légitimité et à ses implications pour les créanciers.
Historique et Définition de la Défaisance
Dans les années 1990, le Crédit Lyonnais a mis en place une stratégie de défaisance pour se débarrasser de ses actifs toxiques. Cette opération consistait à transférer ses dettes et actifs à une nouvelle entité, le Consortium de réalisation (CDR), permettant ainsi de masquer ces dettes dans ses comptes. La défaisance, définie par le Conseil de la comptabilité, permet à une entreprise d’atteindre un résultat comptable équivalent à l’extinction d’une dette par le biais d’un transfert d’actifs à une entité distincte.
La TUP et ses Caractéristiques
La TUP, régie par l’article 1844-5 du Code civil, entraîne la transmission intégrale du patrimoine d’une société à son associé unique lors de sa dissolution, sans liquidation préalable. Les créanciers disposent d’un délai de trente jours pour s’opposer à cette dissolution. En revanche, la TUP se distingue de la défaisance par l’absence de garantie de remboursement des dettes transférées, ce qui peut poser des problèmes pour les créanciers.
Les Risques Associés aux TUP Transfrontalières
Lorsqu’une TUP a une dimension internationale, les créanciers peuvent rencontrer des difficultés accrues pour récupérer leurs créances. En effet, la TUP peut être utilisée pour limiter les poursuites judiciaires, ce qui soulève des préoccupations éthiques. Contrairement à la défaisance, où les droits des créanciers sont protégés par des garanties, la TUP ne requiert pas de telles protections, rendant les créanciers vulnérables.
Jurisprudence et Précédents
La jurisprudence a également mis en lumière les abus potentiels liés à la TUP. Par exemple, la Cour de cassation a souligné que des opérations de dissolution peuvent être considérées comme frauduleuses si elles sont réalisées dans le but d’éluder les obligations envers les créanciers. Dans une affaire jugée en 2012, la Cour a affirmé que la société avait mis en œuvre des manœuvres pour éviter l’ouverture d’une procédure collective, ce qui a été interprété comme une atteinte aux droits des créanciers.
Conclusion
En somme, bien que la TUP puisse sembler être un outil de restructuration avantageux, son utilisation dans un contexte transfrontalier peut s’avérer risquée pour les créanciers. Il est donc essentiel pour ces derniers de rester vigilants et de surveiller les opérations de TUP afin de protéger leurs intérêts. Pour plus d’informations sur les implications juridiques de la TUP, vous pouvez consulter le site de l’Ordre des avocats de Paris.





