Actualités
Prévalence de la substitution légale sur la composition de la Commission fiscale.

Analyse des Substitutions de Base Légale en Droit Fiscal
Le droit fiscal français est un domaine complexe, où les décisions administratives peuvent avoir des conséquences significatives pour les contribuables. L’une des questions centrales concerne la possibilité pour l’administration fiscale de substituer une base légale à une autre lors de la procédure de redressement. Cette pratique soulève des enjeux cruciaux, notamment en ce qui concerne les garanties offertes aux contribuables.
Contexte Juridique
Dans une décision récente du Conseil d’État datée du 23 décembre 2025, une affaire a mis en lumière les implications de la substitution de base légale. Le Conseil a annulé un arrêt de la Cour administrative d’appel de Lyon, qui avait refusé une telle substitution, arguant que cela privait le contribuable de ses droits. Cette décision a été interprétée comme une restriction des garanties procédurales dont bénéficient les contribuables, en particulier lorsque des désaccords persistent sur les rectifications fiscales.
Les Garanties du Contribuable
L’article L59 du livre des procédures fiscales stipule que, lorsque des divergences subsistent sur les rectifications notifiées, l’administration doit soumettre le litige à la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires, si le contribuable le demande. La composition de cette commission varie selon la nature des revenus en litige, ce qui peut influencer les droits du contribuable. Par exemple, les représentants des contribuables ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit de bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou de bénéfices non commerciaux (BNC).
Cas Pratique
Dans l’affaire examinée, une EURL, dont les bénéfices étaient initialement imposés en BIC, a vu l’administration fiscale remettre en cause son régime d’exonération d’impôt. L’administration a alors demandé une substitution de base légale pour imposer les bénéfices en BNC. La Cour administrative d’appel a refusé cette demande, soulignant que la composition de la commission ne correspondait pas à celle requise pour les BNC, privant ainsi le contribuable d’une garantie essentielle.
Interprétation du Conseil d’État
Le Conseil d’État a contesté cette position, affirmant que la simple composition de la commission ne suffisait pas à priver le contribuable de ses droits. Il a souligné que la substitution de base légale ne doit pas nuire aux garanties procédurales, mais doit également permettre à l’administration de corriger ses erreurs sans que cela ne désavantage le contribuable.
Conclusion
La question de la substitution de base légale en droit fiscal est un sujet délicat, qui nécessite un équilibre entre les prérogatives de l’administration fiscale et les droits des contribuables. Les décisions récentes montrent que, bien que l’administration ait la possibilité de corriger ses erreurs, elle doit le faire sans compromettre les garanties procédurales des contribuables. Cette dynamique est essentielle pour maintenir la confiance dans le système fiscal et assurer une justice équitable pour tous les acteurs concernés. Pour plus d’informations sur les procédures fiscales en France, vous pouvez consulter le site de la Direction Générale des Finances Publiques.





