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Copropriété : vote nécessaire pour les « travaux embarqués », majorité requise ?

La Complexité des Travaux en Copropriété : Entre Conservation et Amélioration
La gestion des travaux en copropriété soulève souvent des débats juridiques, notamment en ce qui concerne la distinction entre travaux de conservation et travaux d’amélioration. Cette question est cruciale, car elle détermine le type de majorité nécessaire pour approuver ces travaux lors des assemblées générales. La jurisprudence, en particulier celle de la Cour de cassation, a récemment éclairci ce sujet, mais des zones d’ombre demeurent.
Une Distinction Floue
Historiquement, la loi a toujours fait la différence entre les travaux nécessaires à la conservation d’un immeuble, qui relèvent d’une majorité simple, et ceux considérés comme amélioratifs, nécessitant une majorité absolue. Cependant, la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique a introduit des ambiguïtés en intégrant certains travaux d’amélioration énergétique dans le cadre des décisions à majorité simple. Cela a créé une confusion qui se traduit par des litiges fréquents entre copropriétaires.
La Décision de la Cour de Cassation
Dans une affaire récente, la Cour de cassation a été saisie d’un litige concernant des travaux d’étanchéité et d’isolation de toiture. Les requérants contestaient le vote à la majorité simple, arguant que ces travaux incluaient une amélioration énergétique nécessitant une majorité renforcée. La Cour a statué que, même si les travaux comportaient des éléments d’amélioration, leur finalité première était de remédier à des défauts d’étanchéité, justifiant ainsi le vote à la majorité simple.
La Théorie des Travaux « Embarqués »
Cette décision a permis d’établir la théorie des « travaux embarqués », qui stipule que les travaux de conservation peuvent inclure des éléments d’amélioration sans nécessiter une majorité absolue. En d’autres termes, si les travaux sont principalement motivés par la nécessité de conserver l’immeuble, ils peuvent être approuvés par une majorité simple, même s’ils améliorent également l’efficacité énergétique.
Implications Pratiques
Cette clarification est essentielle pour les syndics et les copropriétaires, car elle réduit l’incertitude juridique entourant les décisions d’assemblée générale. Cependant, elle n’élimine pas complètement les risques de contentieux. Les copropriétaires peuvent toujours contester les décisions, surtout lorsque la nécessité des travaux n’est pas clairement établie par des diagnostics appropriés.
Conclusion
La gestion des travaux en copropriété reste un domaine complexe, où la distinction entre conservation et amélioration peut avoir des conséquences significatives sur le processus décisionnel. Bien que la jurisprudence ait apporté des éclaircissements, il est crucial pour les copropriétaires et les syndics de rester vigilants et de s’assurer que les décisions prises en assemblée générale soient bien fondées sur des justifications solides. Pour plus d’informations sur les questions juridiques liées à la copropriété, vous pouvez consulter le site de l’Institut National de la Consommation.





