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La protection du corps contre l’excision : le droit français en action.

La lutte contre les mutilations génitales féminines en France
Les mutilations génitales féminines (MGF) représentent un défi majeur pour la société contemporaine, touchant des millions de femmes à travers le monde. En France, bien que cette pratique soit illégale, des milliers de jeunes filles sont exposées au risque d’excision lors de séjours à l’étranger. Ce phénomène soulève des questions cruciales sur la capacité du système judiciaire français à protéger ces victimes.
Un phénomène mondial préoccupant
Selon l’UNICEF, plus de 230 millions de femmes et de filles ont subi des mutilations génitales dans le monde. En France, l’INED estime qu’environ 125 000 femmes vivent avec les conséquences de cette pratique. Bien que l’excision soit rare sur le territoire français, le danger persiste lorsque ces jeunes filles retournent dans leur pays d’origine. C’est dans ce contexte que le droit français doit intervenir pour assurer leur protection.
L’extraterritorialité comme outil de protection
Le Code pénal français a élargi son champ d’application pour inclure les actes commis à l’étranger. L’article 222-16-2 permet aux juges français de poursuivre les auteurs d’excisions, même si ces actes sont légaux dans le pays où ils ont lieu. Cette approche fait de la France un pionnier en matière de protection des droits des femmes, affirmant que l’intégrité physique est un droit universel, indépendamment des lois locales.
Une jurisprudence sans compromis
Depuis 1983, la Cour de cassation a clairement établi que l’excision est considérée comme une violence grave, passible de lourdes peines d’emprisonnement. La loi de 2018 a également prolongé le délai de prescription à 20 ans après la majorité, permettant ainsi aux victimes de demander justice bien des années après les faits. Cette avancée législative offre aux femmes le temps nécessaire pour surmonter les loyautés familiales et dénoncer leur traumatisme.
Obligation de signalement et prévention
Pour renforcer la protection des mineures, l’article 226-14 du Code pénal impose aux professionnels de santé de signaler toute suspicion d’excision. Ce devoir de signalement est essentiel pour briser le silence qui entoure souvent ces pratiques. De plus, la non-dénonciation de tels actes est considérée comme un délit, soulignant l’importance d’agir face à la mutilation.
Le rôle crucial des avocats
Les avocats jouent un rôle fondamental dans la défense des droits des victimes. Ils sont souvent les premiers à entendre les récits de souffrance et à traduire ces expériences en actions juridiques. En mobilisant les outils légaux disponibles, ils contribuent à bâtir un véritable bouclier de protection pour ces jeunes filles, leur assurant que la République est à leurs côtés.
Conclusion
La lutte contre les mutilations génitales féminines en France est un combat qui nécessite une vigilance constante et une mobilisation de tous les acteurs de la société. Grâce à un cadre juridique solide et à l’engagement des professionnels du droit, il est possible de protéger les victimes et de garantir leur droit à l’intégrité physique. La France, par ses lois et ses actions, démontre qu’elle refuse de fermer les yeux sur cette réalité tragique. Pour en savoir plus sur les droits des femmes et la protection contre les violences, vous pouvez consulter le site du Ministère des Droits des Femmes.





