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L’interconnexion entre maltraitance animale et violences domestiques.

La Violence Conjugale et la Maltraitance Animale : Une Réflexion Nécessaire
La violence conjugale est un problème sociétal majeur, souvent abordé sous divers angles. Cependant, un aspect moins exploré est la corrélation entre les violences infligées aux humains et celles exercées sur les animaux. Ce phénomène, désigné sous le terme de « Lien », met en lumière une continuité des comportements violents au sein des foyers, où humains et animaux partagent une vulnérabilité commune.
La Réalité du Lien entre Violences
L’Animal comme Victime et Instrument de Contrôle
Des études internationales révèlent que la cruauté envers les animaux dans un cadre domestique est loin d’être un phénomène isolé. Elle s’inscrit souvent dans un schéma coercitif, où l’animal devient à la fois victime et outil de manipulation. Selon des recherches, près de 48 % des victimes de violences conjugales hésitent à quitter leur domicile par crainte de représailles sur leur animal de compagnie. De plus, plus de 55 % des femmes victimes de violences signalent des actes de cruauté envers leurs animaux. Ces données soulignent l’ampleur de la violence inter-espèces.
Les Enfants : Témoins de la Violence
La présence d’enfants dans un foyer violent ne les protège pas; au contraire, elle amplifie les effets de la violence. Des études montrent que 62 à 76 % des enfants assistent à des actes de cruauté envers les animaux. Cette exposition peut engendrer des comportements violents chez les enfants, perpétuant ainsi un cycle de violence.
Un Indicateur de Danger
Pour les professionnels de la santé mentale et les criminologues, la maltraitance animale est souvent un indicateur précoce de comportements antisociaux. Elle est considérée comme un signe avant-coureur de violences interpersonnelles, ce qui incite à envisager la cruauté envers les animaux non pas comme un acte isolé, mais comme un symptôme d’un danger plus large au sein du foyer.
Vers une Reconnaissance Juridique
Évolution du Statut de l’Animal
La reconnaissance juridique des animaux a progressé avec la loi du 16 février 2015, qui les considère désormais comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Bien que cette avancée soit symbolique, elle n’accorde pas encore aux animaux le statut de sujet de droit. Toutefois, des dispositions légales permettent aux vétérinaires de signaler des cas de maltraitance, renforçant ainsi la protection des animaux.
Intégration dans la Protection des Victimes
La loi n°2024-536, adoptée en juin 2024, a permis d’intégrer les animaux dans les mesures de protection des victimes de violences conjugales. Le Juge aux Affaires Familiales peut désormais attribuer la garde de l’animal à la victime dans le cadre d’une ordonnance de protection. Cette mesure répond à un besoin crucial, car de nombreuses victimes hésitent à quitter leur domicile par peur de laisser leur animal derrière elles.
Un Modèle Prometteur : Aix-en-Provence
À Aix-en-Provence, le parquet a mis en place la CLUMA (Cellule de Lutte contre la Maltraitance Animale) pour traiter la cruauté animale comme un indicateur de violence domestique. Cette initiative favorise une approche intégrée, où les violences envers les animaux et les humains sont jugées ensemble. Des mesures telles que l’abri immédiat pour les animaux et des audiences uniques pour les agresseurs illustrent cette démarche innovante.
Conclusion
La prise en compte du lien entre la violence conjugale et la maltraitance animale est essentielle pour une approche globale de la protection des victimes. En intégrant ces dimensions dans le cadre juridique, il devient possible de mieux appréhender et combattre les violences au sein des foyers. La lutte contre ces violences doit être envisagée dans sa globalité, car chaque acte de cruauté, qu’il soit dirigé contre un humain ou un animal, contribue à un même cycle de domination. Pour en savoir plus sur les droits des animaux en France, vous pouvez consulter le site du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire.





