
Conséquences d’un Refus d’Acte Non Traduit
Dans le cadre des procédures judiciaires internationales, la question de la traduction des actes juridiques revêt une importance cruciale. En effet, lorsqu’un acte est signifié à un destinataire dans un pays de l’Union européenne sans être traduit dans une langue qu’il comprend, cela peut entraîner des complications significatives. Cet article examine les implications d’un refus d’acte non traduit et les meilleures pratiques à adopter pour éviter de tels désagréments.
Droit de Refus et Cadre Juridique
Selon l’article 12 du règlement (UE) 2020/1784, en vigueur depuis le 1er juillet 2022, un destinataire a le droit de refuser un acte qui n’est pas rédigé dans une langue qu’il comprend ou dans la langue officielle du lieu de signification. Ce refus peut être exprimé soit au moment de la signification, soit dans un délai de deux semaines, en utilisant un formulaire type ou une déclaration écrite. Bien que ce droit existe, il est essentiel de noter que le refus ne rend pas la procédure nulle. L’acte peut être régularisé en le signifiant à nouveau, accompagné d’une traduction appropriée.
Jurisprudence et Interprétations
La Cour de justice de l’Union européenne a établi plusieurs principes clés concernant le refus d’actes non traduits. Dans l’arrêt Leffler (C-443/03), il a été affirmé que l’expéditeur a la possibilité de remédier à l’absence de traduction en fournissant celle-ci après coup. De plus, dans l’affaire Alpha Bank Cyprus (C-519/13), il a été précisé que l’entité responsable doit informer le destinataire de son droit de refus, ce qui, bien que non entraînant la nullité de la signification, doit être corrigé rapidement.
Impact sur les Délais et la Procédure
La régularisation d’un acte non traduit peut engendrer des retards considérables. En effet, une nouvelle signification doit être effectuée, ce qui peut affecter les délais de procédure. La date de la signification initiale est prise en compte pour le requérant, tandis que le défendeur commence à compter ses délais à partir de la régularisation. Cela peut entraîner des complications, telles que le report d’audiences ou des frais supplémentaires liés à la traduction.
Pratiques Recommandées
Pour éviter des complications liées à la signification d’actes juridiques dans un autre État membre, il est conseillé de :
- Traduire systématiquement l’acte dans la langue officielle du lieu de signification.
- Faire appel à un traducteur assermenté pour garantir la fidélité de la traduction.
- Planifier le délai de traduction dans le calendrier de la procédure, surtout pour les langues moins courantes.
- Conserver tous les justificatifs relatifs à la traduction, car ceux-ci peuvent être considérés comme des dépens.
Conclusion
La signification d’actes juridiques à l’international nécessite une attention particulière à la question de la langue. En respectant les exigences de traduction et en étant conscient des droits de refus, les praticiens peuvent éviter des retards et des complications inutiles. Pour plus d’informations sur les procédures judiciaires en Europe, vous pouvez consulter le Portail e-Justice européen.





