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Modification législative du droit de délaissement en urbanisme.

Réforme du Droit de Délaissement en Urbanisme
La loi Huwart, adoptée le 26 novembre 2025, a introduit des changements significatifs dans le domaine du droit de délaissement, particulièrement en ce qui concerne les emplacements réservés. Cette réforme, bien que peu médiatisée, modifie en profondeur le cadre juridique entourant l’acquisition forcée de biens immobiliers par les collectivités.
Évolution du Droit de Délaissement
Avant l’entrée en vigueur de la loi Huwart, le droit de délaissement offrait aux propriétaires la possibilité d’exiger l’acquisition de leur bien par la collectivité lorsque celui-ci était grevé d’une servitude d’urbanisme. Selon l’article L230-1 du Code de l’urbanisme, cette procédure s’appliquait notamment aux terrains concernés par un plan local d’urbanisme ou une zone d’aménagement concerté. Les propriétaires bénéficiaient de garanties importantes : en cas de non-accord amiable, l’emplacement réservé devenait inopposable, et ils pouvaient saisir le juge de l’expropriation pour forcer la collectivité à acquérir leur bien.
Changements Introduits par la Loi Huwart
La réforme a apporté des modifications cruciales. L’article 29 de la loi a restreint le rôle du juge de l’expropriation, qui ne peut désormais intervenir qu’en cas de désaccord sur le prix de l’acquisition. De plus, la suppression d’une disposition clé a éliminé la possibilité pour les propriétaires de contraindre la collectivité à acquérir leur bien, même si l’emplacement réservé était devenu inopposable. Ainsi, si la collectivité ne manifeste pas son intention d’acheter dans un délai d’un an, elle n’est plus soumise à une obligation d’acquisition.
Ces changements transforment le droit de délaissement d’un mécanisme d’acquisition forcée en un simple outil de neutralisation des effets de la servitude. Les collectivités bénéficient désormais d’une plus grande flexibilité, tandis que les propriétaires peuvent céder leur terrain à d’autres acquéreurs une fois la servitude levée.
Application de la Nouvelle Loi
La loi Huwart est entrée en vigueur sans dispositions transitoires, ce qui soulève des interrogations quant à son application aux procédures de délaissement en cours. Pour les mises en demeure d’acquisition adressées avant le 28 novembre 2025, la situation juridique reste incertaine. En effet, une mise en demeure ne garantit pas un transfert de propriété ou un droit acquis à un prix déterminé. Elle ouvre simplement une procédure dont l’issue dépend de la réponse de la collectivité.
Ainsi, les propriétaires ayant initié une procédure avant l’entrée en vigueur de la loi, mais n’ayant pas encore saisi le juge, pourraient se retrouver dans l’impossibilité de contraindre la collectivité à acquérir leur bien. Cette situation pourrait engendrer des conséquences significatives pour de nombreux propriétaires.
Conclusion
La réforme du droit de délaissement par la loi Huwart représente un tournant majeur dans le paysage juridique de l’urbanisme en France. En redéfinissant les relations entre propriétaires et collectivités, elle soulève des questions essentielles sur l’équilibre des droits et des obligations dans le cadre des projets d’aménagement. Pour plus d’informations sur les implications de cette réforme, vous pouvez consulter le site du Ministère de la Transition Écologique.





