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Comment contester un arrêté de mise en demeure lié à la loi DALO ?

Comprendre la Procédure d’Expulsion en France
L’expulsion d’occupants d’un logement est un sujet délicat en France, encadré par des lois spécifiques. L’article 38 de la loi n°2007-290 du 5 mars 2007, qui établit le droit au logement opposable, permet aux propriétaires d’engager une procédure d’expulsion sans intervention préalable d’un juge. Cependant, cette procédure est soumise à des règles strictes que les propriétaires et les préfectures doivent respecter.
Les Étapes Préliminaires à l’Expulsion
Avant qu’un préfet ne puisse émettre un arrêté de mise en demeure, plusieurs conditions doivent être remplies. Tout d’abord, le propriétaire doit avoir déposé une plainte pour occupation illégale, que ce soit sous l’article 226-4 ou l’article 315-1 du Code pénal, selon qu’il s’agit d’un domicile ou d’un local à usage d’habitation. De plus, il est nécessaire de faire constater l’occupation illégale par un officier de police judiciaire ou un commissaire de justice. La préfecture ne peut engager la procédure qu’après réception d’un dossier complet justifiant ces démarches.
Conditions d’Occupation Illégale
Pour qu’un arrêté de mise en demeure soit valide, il faut prouver que l’occupant s’est introduit et maintenu dans les lieux de manière illégale. Trois types d’introduction illégale sont reconnus : par manœuvres (comme un changement de serrure), par voie de fait (comme une porte fracturée) ou par menace. Il est essentiel que ces conditions soient cumulatives, ce qui signifie que l’occupation doit être à la fois illégale et maintenue de manière illicite.
Prise en Compte de la Situation Personnelle
L’article 38 stipule également que la préfecture doit tenir compte de la situation personnelle et familiale de l’occupant avant de notifier un arrêté de mise en demeure. Cela inclut l’évaluation des possibilités d’hébergement, surtout pour les personnes vulnérables, comme les familles avec enfants. Si la situation personnelle n’est pas mentionnée dans l’arrêté, celui-ci peut être considéré comme illégal.
Absence de Trêve Hivernale
Contrairement à d’autres procédures d’expulsion, l’article L412-6 du Code de procédure civile précise qu’il n’y a pas de trêve hivernale pour les occupants ayant été introduits illégalement. Cela signifie qu’un arrêté de mise en demeure peut être émis à tout moment de l’année.
Contester l’Arrêté de Mise en Demeure
Si un occupant estime que l’arrêté de mise en demeure est illégal, il peut le contester devant le juge administratif. Il est crucial d’introduire un référé en raison de l’urgence de la situation. Dans le cas d’un local à usage d’habitation, l’introduction d’un référé suspend automatiquement l’exécution de l’arrêté, empêchant ainsi l’expulsion tant que le juge n’a pas statué.
Conclusion
La procédure d’expulsion en France est complexe et nécessite une attention particulière aux détails juridiques. Les occupants ont des droits qui doivent être respectés, et il est essentiel de s’assurer que toutes les étapes légales sont suivies. Pour toute question ou besoin d’assistance, il est recommandé de consulter un avocat spécialisé. Pour plus d’informations sur le droit au logement, vous pouvez visiter le site du Service Public.





