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Fondement de la préservation de l’environnement sans recul.

La Protection de l’Environnement : Un Principe Fondamental en Danger
Le droit de l’environnement est fondé sur un principe essentiel : la protection de la nature doit toujours progresser, sans jamais reculer. Ce concept, connu sous le nom de principe de non-régression, a été inscrit dans le droit français par la loi du 8 août 2016, qui vise à reconquérir la biodiversité. Cependant, depuis son adoption, ce principe fait face à de nombreuses résistances, tant sur le plan législatif que réglementaire, ce qui soulève des questions sur son efficacité réelle.
Origine et Défis du Principe de Non-Régression
Le principe de non-régression a émergé au niveau international, notamment avec les Accords de Paris en 2015. Il est désormais codifié à l’article L110-1 du Code de l’environnement, stipulant que la protection de l’environnement doit s’améliorer en permanence, en tenant compte des avancées scientifiques. En 2017, le Conseil d’État a confirmé que ce principe pouvait être opposé aux actes réglementaires. Par exemple, il a jugé qu’une réglementation exemptant certains projets d’évaluation environnementale violait ce principe, sauf si ces projets n’avaient pas d’impact significatif sur l’environnement.
Malgré ces avancées, le cadre juridique de l’environnement subit des reculs. Des décisions récentes montrent que le législateur n’hésite pas à affaiblir les protections existantes. Par exemple, un décret assouplissant les règles de défrichement a été jugé conforme au principe de non-régression, car il ne modifiait pas les opérations antérieures.
Cas Récents et Répercussions
Un exemple marquant de cette tension est la loi Duplomb du 11 août 2025, qui a permis d’augmenter les seuils d’autorisation pour certains élevages, sans être censurée par le Conseil constitutionnel. En revanche, un arrêté ministériel concernant les atterrissages nocturnes a été annulé pour non-respect du principe de non-régression, illustrant ainsi la complexité de son application.
Récemment, le Conseil d’État a également statué sur un arrêté du 3 juillet 2024, qui affaiblissait la protection des zones humides. Cet arrêté, en limitant les conditions de création de plans d’eau, menaçait de dégrader ces écosystèmes cruciaux. Le Conseil a rappelé l’importance des zones humides pour la biodiversité et la régulation de l’eau, et a conclu que les nouvelles règles ne respectaient pas le principe de non-régression.
Vers une Meilleure Protection ?
La décision du Conseil d’État a été saluée comme un pas vers une meilleure protection de l’environnement, mais elle met également en lumière l’incohérence entre les politiques publiques. Alors que des efforts sont faits pour préserver les zones humides, des décrets contraires continuent d’émerger.
Pour renforcer l’application du principe de non-régression, une réflexion sur sa constitutionnalisation au sein de la Charte de l’environnement pourrait être envisagée. Cela garantirait une protection plus robuste et pérenne des ressources naturelles.
En conclusion, bien que le principe de non-régression soit un outil juridique puissant pour la protection de l’environnement, son efficacité est souvent compromise par des décisions législatives et réglementaires. Il est impératif de veiller à ce que les avancées en matière de protection de la nature ne soient pas remises en question, afin d’assurer un avenir durable pour notre planète. Pour plus d’informations sur la protection de l’environnement en France, vous pouvez consulter le site de l’Office français de la biodiversité.





