ActualitésBanqueJusticejustice

Affaire 1MDB : avancées majeures dans le plus grand scandale financier de l’histoire

L’affaire 1MDB est digne des plus grands films hollywoodiens :  on y trouve des protagonistes de tous les horizons, allant d’un ex-premier ministre malaisien à la banque Goldman Sachs et des montants colossaux à la destination pour le moins étonnante, comme par exemple le financement du film « Le Loup de Wall Street » !

Pour autant, il s’agit bel et bien du plus grand scandale financier de l’histoire ! Ce mardi 28 juillet 2020, une partie du verdict a été rendue. Une occasion de revenir sur la découverte de l’affaire, les enquêtes menées mais aussi et surtout les conséquences à venir…

 

Comment l’affaire 1MDB a-t-elle été découverte ?

C’est le travail d’une journaliste britannique, Claire Rewcastle Brown, qui a permis la révélation de ce scandale. A l’origine, la journaliste avait dédié son enquête aux problèmes de déforestation. Elle y avait même consacré un blog pour protéger la forêt vierge dans l’Etat du Sarawak en soutien des écologistes locaux.

En 2010, la journaliste met en cause sur son site un responsable malaisien, accusé de tirer personnellement profit de la déforestation. La population approuve alors la démarche de dénonciation et de nombreuses personnes viennent se confier à propos de situations similaires. Claire Rewcastle Brown acquiert progressivement un large réseau d’informateurs qui la mèneront à la découverte de l’actuelle affaire 1MDB.

L’informateur qui a permis le dénouement de l’affaire est le genevois Xavier Justo. Ce dernier était l’ancien directeur administrateur de la firme pétrolière PetroSaudi. C’est par cette entreprise qu’une partie des montants détournés du fonds transitait. Ce serait une mésentente due à des indemnités de départ qui aurait poussé l’ex directeur à transmettre des informations sensibles à la journaliste britannique.

Concrètement, qu’est-ce que l’affaire 1MDB ?

L’affaire 1MDB tire son nom de celui du fonds souverain malaisien, appelé Malaysia Development Berhad. Ce fonds proposait de gérer l’épargne d’un Etat sous différentes formes (actions, obligations ou immobilier). Il s’agissait en outre de l’argent du peuple malaisien, et c’est peut être ce qui explique l’émoi du pays. De plus, cet argent devait contribuer au développement économique de la Malaisie.

Ce sont tout de même 3,5 milliards de dollars qui ont été détournés, et donc volés au peuple malaisien. Le pillage est le fait d’hommes d’affaires proches du pouvoir malaisien, d’officiels émiratis , des directeurs du fonds, mais aussi de premier ministre de l’époque ! C’est d’ailleurs la première fois que des personnes aussi haut placées sont inculpées de la sorte.

Le justice américaine, quant à elle, réévalue le montant de 3,5 milliards à 4,5 milliards. La somme exacte semble encore rester obscure et l’affaire 1MDB nous réserve peut-être d’autres révélations…

 

L’affaire 1MDB éclabousse de nombreuses célébrités

De par son envergure planétaire et des sommes en jeu, l’affaire 1MDB a impliqué de nombreuses personnes.

On y trouve notamment l’ex-premier ministre, Najib Razak. Il aurait perçu 681 millions de dollars puis en aurait remboursé 620. C’est l’un des principaux accusés du fait de son implication et de sa responsabilité (notamment parce qu’il exerçait un contrôle strict sur l’économie du pays).

Le beau-fils de l’ex-premier ministre, Riza Aziz, est aussi impliqué dans l’affaire. C’est notamment l’un des producteurs du film « Le Loup de Wall Street ».

Proche de Najib Razak, le milliardaire Jho Low se révèle également impliqué. Il aurait reçu un milliard de dollars. C’est de son initiative que cet argent a servi à financier le film « Le Loup de Wall Street ». Il a également acheté une série de tableaux à Genève dont un Van Gogh et un Monet.

Leonardo Di Caprio, acteur principal du film évoqué ci-dessus, se retrouve également dans la tourmente. Il est même sommé par le Fonds bâlois de défense de la forêt tropicale de rendre l’argent. Il faut dire que l’acteur entretien des relations étroites avec les protagonistes de l’affaire depuis 2010. Ils ont même organisé des fêtes ensemble qui furent l’objet de dépenses considérables.

Enfin, de nombreuses banques sont impliquées dans le scandale. Parmi elles, on y rencontre notamment la banque Privée Edmond de Rothschild, Falcon Bank et Goldman Sachs.

 

Lire aussi : Faillite des banques et votre argent : que se passerait-il si ça arrive ? 

 

Une affaire aux conséquences considérables pour la Malaisie

C’est une véritable trahison que le peuple malaisien a vécu au cours de ce scandale de détournement et de blanchiment d’argent. Pour cause, les enquêtes menées révèlent qu’il s’agissait bien de leur dirigeant, de leur argent et tout cela au détriment de leur développement.

Cette colère du peuple s’est notamment traduite par la défaite électorale de Najib Razak en 2018. Pourtant, ce dernier étant à la tête d’une coalition, rien n’était mois sûr qu’il ne soit pas réélu.

Tout n’est pas gagné pour autant puisque Najib Razak a retrouvé le pouvoir en mars 2020 après l’échec d’une coalition réformiste. L’issue du procès repose donc sur la robustesse de l’Etat de droit malaisien. Ce dernier a la lourde mission d’assurer un véritable procès à l’encontre d’un dirigeant politique.

Le verdict prononcé par la justice malaisienne influencera grandement la réputation de la Malaisie aux yeux des acteurs internationaux. Un acquittement remettrait en cause la solidité du système judiciaire du pays. C’est donc dans une dimension non moins symbolique que politique que l’affaire 1MDB s’inscrit dans l’actualité du pays.

 

Le verdict à l’encontre de Najib Razak enfin rendu

Ce mardi 28 juillet 2020, l’ex-premier ministre a été tenu coupable de tous les chefs d’accusation de son premier procès. Il est accusé d’avoir reçu illégalement 10 millions de dollars et risque pour cela plusieurs années de prison.

Il s’agit d’une véritable remise en question d’un arrangement que le ministère de la justice avait auparavant passé avec Najib Razak. Cet arrangement prévoyait la restitution de 107 millions d’euros sur les 246 millions d’euros estimés blanchis. Cela représenterait seulement  40% des sommes blanchies, ce qui est évidemment ni suffisant, ni satisfaisant au regard du préjudice subi par le peuple malaisien.

Par ce verdict, les juges donnent raison aux déclarations du parquet. Ce dernier affirmait de la solidité de l’accusation par le contrôle qu’exerçait Najib Razak sur l’entité du fonds en question.

Pour l’instant, il ne s’agit que du premier procès lié au fonds 1MDB. Ce procès a débuté il y a 16 mois et porte sur un transfert de 42 millions de ringgits (9,9 millions de dollars) d’une entité du fonds (SRC International) vers les comptes bancaires du mis en cause.

L’ex-premier ministre a été jugé pour abus de confiance, blanchiment d’argent et abus de pouvoir. Najib Razak avait toutefois déjà prévenu en amont du procès de sa volonté d’interjeter appel en cas de décision défavorable.

Deux autres procès distincts sont à suivre dans l’affaire 1MDB.

 

Un accord trouvé entre Goldman Sachs et la Malaisie

La banque américaine s’est retrouvée impliquée dans l’affaire 1MDB. Elle est notamment accusée de l’émission de 6 milliards de dollars en obligations, action qui a permis à la banque d’empocher 600 millions de dollars.

Soucieux d’en finir avec cette publicité compromettante, Goldman Sachs est parvenu à un accord avec les autorités malaisiennes fixant les réparations à un total de 3,9 milliards de dollars. Ce montant se constitue d’un versement de 2,5 milliards de dollars et d’une garantie de retour de 1,4 milliards d’actifs. C’est bien plus que le premier accord qui prévoyait un versement de seulement 1,75 milliard ! L’accord prévoit également que la banque mette à disposition des spécialistes de recouvrement d’avoir pour récupérer les autres actifs situés en dehors du territoire national malaisien.

 

Lire aussi : Recouvrement de créances : solutions et procédures

 

En échange, le gouvernement malaisien s’engage à retirer sa plainte pénale à l’encontre de la banque.

Goldman Sachs n’est pas pour autant tirée d’affaire puisque la justice américaine a mis en cause plusieurs salariés pour corruption et blanchiment d’argent. De nouvelles suites judiciaires sont donc susceptibles de voir le jour dans les prochaines années…

Tags
Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Fermer